RSS

Le but de la vie? Pourquoi?

Je n’arrive pas à comprendre ceux qui se questionnent sur leur existence. « Pourquoi suis-je ici? On ne peut pas être ici simplement pour exister! »

Eh bien oui. On est ici simplement pour exister.

On a la chance extrêmement précieuse d’exister afin de pouvoir voir, toucher, goûter, entendre, sentir et ressentir tout ce que l’on veut au cours de notre vie.

Alors, existons.

 
3 Comments

Publié par le 31 janvier 2012 dans Réflexion

 

L’épopée voisinage

Ah làlà… le début de cette épopée remonte au mois de juin. Cette histoire a débuté il y a plus de six mois, mais j’ai tais cette angoisse ici parce que, superstitieuse, je n’ai rien voulu toucher à la critique et à l’espoir tant qu’il n’existait pas une porte de sortie. Et que celle-ci soit tout près.

Comme cette porte de sortie s’est ouverte il y a plus d’une semaine, je peux enfin me défouler de toutes ces frustrations.

Tout a commencé le 23 juin. Je m’en rappelle parce que la date particulière lui a donné une excuse pour sa première fois. Je m’étais alors dis que c’était exceptionnel, que c’était pour fêter la St-Jean. Que ça ne durerait pas.

Que nenni.

Cet appartement, situé dans une longue série de duplex collés, comportait deux étages: rez-de-chaussée et sous-sol. Notre chambre était installée au sous-sol, privilégiant le confort de la fraicheur pour l’été. Quand nous sommes déménagés dans Chomedey, nous ne connaissions pratiquement rien de Laval. Nous trouvions le quartier bien situé, mais ignorions sa réputation.

Ce grand appartement faisait partie d’un ancien complexe HLM pour les mères monoparentales. Son bas prix aurait dû nous mettre la puce à l’oreille, mais non. Nous n’avions jamais eu de problèmes de voisins et on a sauté sur l’occasion de la grandeur et du petit terrain avenant pour mon fils.

Dès les premières heures, avec mon voisin du dessus, j’ai pu constater à quel point les murs étaient en papier de riz. Et cela, je l’ai dis souvent auparavant. Mais vous ne pouvez savoir ce que veut exactement dire cette expression tant que vous n’avez pas séjourné dans cet endroit. Mes voisins du plafond n’étaient pas turbulents, ils existaient, simplement. Et je pouvais tout entendre. Les toussotements, les conversations dans la salle de bain, les tiroirs qu’on ouvre, les résonances de la télé et, à faible échelle au début, les sonorités musicales.

C’était à tel point qu’un jour, alors qu’un grondement sourd résonnait dans la chambre de mon fils à m’en donner mal au crâne, je suis montée les voir, pour découvrir que ce bruit… n’était qu’un ventilateur posé par terre.

Mais ça allait. Je m’y étais habituée, je m’amusais parfois à essayer de trouver quel était le film qu’ils écoutaient le vendredi soir, je soupirais quand ils descendaient les escaliers intérieurs (et ils les descendaient chaque fois comme s’il y avait le feu chez eux… encore là, peut-être était-ce l’illusion du papier de riz), je m’efforçais d’ignorer le bruit de sa laveuse tonitruante. C’était supportable. Je n’avais encore eu jamais d’appartement où on me marchait sur la tête, mais j’avais fini par me faire à l’idée. Il y avait toujours l’option de descendre au sous-sol quand la cacophonie du deuxième était trop imposante.

Mais ça, c’était avant mon autre voisin.

Il était minuit trente lorsque j’entendis la musique retentir. Je venais à peine de me mettre au lit et, comble de malchance, le lit était collé sur le mur de gauche, celui d’où la musique se rythmait. Le boum-boum bien audible ne laissait aucun doute sur le style musical et je me suis dis que mon voisin de gauche donnait un party pour la St-Jean. Et que, forcément à cette force audible, alors qu’en un an, on n’avait jamais entendu le moindre bruit de nos voisins à bâbord et à tribord, ce party devait se donner dans son sous-sol. J’eus beaucoup de mal à m’endormir, ce qui ne fut pas le cas de mon amoureux. J’étais moins tolérante que lui.

Le lendemain, alors que je couchais mon fils pour sa sieste, la musique refit son apparition.

Tout d’abord, je dois expliquer mon manque de tolérance par la sensation que je me laissais marcher sur les pieds. Cette sensation, je l’ai ressentie maintes et maintes fois quand j’étais sous juridiction paternelle, ce qui m’a amené à devenir militante intégriste pour la protection de nos orteils. Je ne supporte pas de voir quelqu’un se laisser marcher sur les pieds et je sentais avant même que l’autre y pense quand quelqu’un voulait malmener les miens.

Évidemment, cette attitude rend un peu… paranoïaque. Comme si je ne l’étais pas assez, d’abord.

Dans cette situation, nous étions chez nous, nous étions en droit de désirer la paix. J’ai demandé à mon homme d’aller avertir le voisin, simplement lui rappeler l’existence du papier de riz, lui demander de baisser d’un iota pour ses voisins de droite immédiat, qui avaient la bassinette de fiston collée également contre ce mur au rez-de-chaussée.

L’homme de ma vie est revenu à la maison penaud et stupéfait.

« – C’est pas sa musique à lui. C’est celle du voisin au-dessus. »

… hein? Vous êtes donc en train de me dire que c’est la musique au 2e étage de l’immeuble d’à côté qui m’a empêchée de dormir dans le sous-sol cette nuit?

Eh ben… elle devait être drôlement forte.

J’en eu plusieurs exemples au cours de l’été. Il recommença dès le lendemain soir et j’espérais toujours pouvoir mettre cela sur le compte des festivités. Mais chaque fois que la voiture de sa mère s’absentait du vendredi soir au dimanche (je soupçonne le camping d’être en cause), son fils de seize ans faisait un party. Je regretta amèrement durant cet été-là de ne pas avoir d’air climatisé afin d’enfermer ma maison pour ne pas laisser la musique passer par les fenêtres. J’eus l’occasion durant l’automne de m’apercevoir que cette envie aurait été vaine, puisque cela ne changeait pas grand chose à la sonorité.

Toujours dans un ancien HLM, mon appartement donne sur le stationnement privé des duplex. Au milieu, une petite aire de jeux clôturée, pour les enfants (où je n’allais que rarement avec mini-moi puisque le sable était jonché de bouteilles d’alcool et de restes de joints). Mon voisin-adolescent eut l’idée juvénile, à la fin du mois de juillet, d’installer les hauts-parleurs de sa chaine stéréo dans la fenêtre de sa chambre afin que tous ses invités puissent se prélasser dans le parc sans manquer une seule note boum-boumesque.

… *soupir*

C’en était trop. Ma patience explosa, je m’habillai en vitesse (parce qu’il était vingt-trois heures trente). Ce soir-là, j’avais réussi à l’attraper vers environ dix-neuf heures, alors que sa musique commençait à peine. Il était appuyé contre la rampe de son balcon et discutait avec deux amis en bas. Je lui avais expliqué, avec toute la courtoisie du monde, que s’il baissait un peu sa musique, mon fils et moi dormirions mieux et ses oreilles y gagneraient au change. Il avait acquiescé, pas de problème, je comprends, bonne soirée!

Lorsque ma porte s’ouvrit à la volée, son regard hypocrite le remarqua et il sortit du parc en courant pour s’élancer dans ses escaliers pour se sauver. Ça m’était égal que je ne parle pas à lui. Ils étaient une douzaine dehors, vingt-quatre oreilles pour m’entendre gueuler qu’ils n’avaient aucun bon sens. Il y en aurait bien un là-dedans qui serait sensé.

En effet, il en eut un. Mature, calme, il hochait la tête, m’affirma qu’ils la baissaient immédiatement, qu’ils comprenaient, que cela allait pas se revenir dans trente secondes, as usual.

Cette nuit-là, je pu dormir en paix.

Après deux semaines de repos, où vendredi soir, samedi jour, samedi soir et dimanche jour furent des moments silencieux, chose qui n’était pas arrivée depuis deux mois, je me demandais si la trêve était enfin installée.

Parce qu’il faut aussi réaliser que, pendant tout ce temps-là, je suis sujette aux angoisses et en ai vécue plusieurs spontanées à cause de lui, tout en me détestant encore plus de me laisser affaiblir de la sorte par un gamin de seize ans irrespectueux. Mais c’était ainsi. Je me sentais de plus en plus prise au piège, je voulais sortir de là, je voulais être riche pour louer immédiatement un autre appartement et envoyer balader celui-ci sans me soucier des derniers mois du bail. Je voulais partir, partir, partir. Mais on ne peut pas être aussi volage quand on a une famille.

Un autre souci s’est créé durant cette période: mon voisin de plafond. Celui qui n’avait aucune isolation, mais que je supportais. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Mon plafond a-t-il rapetissé au cours de cet été-là? Le papier de riz était-il grugé par des rongeurs, laissant d’énormes trous? Pourquoi tout d’un coup, j’entendais sa musique sans cesse, avec son boumboum quant à lui plus Hip Hopeux? Pourquoi sa télé était-elle devenue si insupportable? Pourquoi avaient-ils tous enfilés soudainement de gros souliers à cap d’aciers pour monter les escaliers, même le chien?

Je suis montée une vingtaine de fois pour leur demander de baisser la musique. Quand je ne pouvais me déplacer, je cognais trois petits coups discrets au plafond, comme une sauvage. Évidemment, ça a fini par l’énerver. Pourquoi sa voisine du plancher devenait si chiante tout à coup? Qu’est-ce qu’elle voulait, celle-là? Laisse-nous vivre un peu!

En même temps, c’était pas facile de parler avec un pakistanais qui baragouinait l’anglais avec tellement d’accents que mon niveau intermédiaire-anglais se retrouvait au niveau l’anglais-pour-les-nuls. On communiquait par simagrées et par coups de balai au plafond.

La goutte arriva en septembre. Alors que j’attendais naïvement l’automne pour que les partys d’été cessent complètement, j’entendis la musique de mon voisin éclater un samedi soir, dix-neuf heures. La voiture de maman était là. Je fronçai les sourcils, inquiète.

C’est mon amoureux qui a fait le premier contact avec elle. Il est allé la voir pour lui demander de demander à son fils de baisser le son juste un peu. Elle avait ronchonné, dit que pourtant, elle était pas forte, mais ils avaient abdiqué et la musique, sans s’arrêter, avait considérablement diminué.

Lorsque cela se répéta le dimanche après-midi, je poussai un soupir de frustration et enfilai mes souliers. C’était à mon tour.

Mais moi, je suis tellement plus obstineuse et plus caractérielle que mon amoureux.

Dès qu’elle a ouvert la porte, j’ai senti que ça ne serait pas très courtois. Elle portait bien le chapeau du HLM, tant au niveau du look que du langage et, je le découvris rapidement, de l’intelligence.

Ce n’est pas mon genre d’insulter quelqu’un de cette façon. Mais elle n’était réellement pas intelligente et plutôt agressive. Pendant tout notre entretien, elle tenait des propos désordonnés, avec des arguments contradictoires. Elle objectait qu’elle n’entendait rien, que je ne devrais rien entendre non plus parce qu’il y a des pare-feux entre les immeubles (…ah? ça sert donc à ça un pare-feu?), que c’était bizarre que nous on entende de la musique parce que, l’été dernier, il y avait des oiseaux dans les murs et personne les avait entendus ( …hein?).

Quand j’ai raconté ce passage à mon homme, il a sorti un argument que j’aurais bien voulu penser au moment de la dispute avec la tigresse: « Donc, elle est en train de te dire que si y’avait des oiseaux dans les murs et que t’as rien entendu, mais que t’entends la musique de son fils, ça veut dire que celle-ci est VRAIMENT forte!»

J’étais trop éberluée par sa conversation pour m’arrêter à cette analyse. Elle pouvait m’interrompre pour me donner un argument sur quelque chose dont on avait discuté plusieurs minutes avant. Je voyais bien qu’elle ne m’écoutait pas, qu’elle ne faisait que chercher des arguments pour nous démontrer qu’on avait pas le droit de lui demander courtoisement de seulement baisser UN PEU le volume de son fils. Ça a fini sur une note qui démontrait bien toute la lignée de cette conversation totalement inutile:

« – Pis quoi? fit-elle en m’interrompant à nouveau. T’as jamais écouté de la musique forte, toi? T’as jamais eu seize ans?
- Oui, j’ai déjà eu seize ans et j’ai déjà écouté de la musique forte, pis quand on me demandait de la baisser, je le faisais. »

Elle n’eut aucun argument de poids à cette réplique, elle fit donc la seule chose qu’elle était en mesure de faire: me claquer la porte au nez.

En revenant chez moi, j’étais folle de rage. En voulant claquer violemment la porte massive de mon appartement, je n’ai pas eu le réflexe d’enlever mon genou du chemin avant. Le bleu mauve-noir-nuancé qui s’y forma me rappela pendant plusieurs jours cet élan de colère. Par contre, cela ne m’a pas empêché de rouvrir la porte pour bien la reclaquer à nouveau. J’avais besoin de défoulement, genou endolori ou pas.

Pour moi, c’était désormais clair, je devais partir de là. Nous devions partir de là. Comme la mère était du côté de la musique, je savais que je n’aurais aucun repos, que son fils ne ferait aucun effort pour diminuer sa musique, même si c’était ridicule qu’il ait besoin de mettre sa musique assez forte pour qu’elle résonne jusqu’au fond de mon appartement. Je ne sais pas pourquoi je fus apparemment la seule à me plaindre dans le voisinage. Collée sur la chambre de MusicTeenager, ma petite voisine du plafond de sept ans dormait dans sa chambre, à un mètre de la chaine stéréo infernale. Mon voisin de gauche aurait également dû trouver insupportable de voir ces week-ends envahis de cette façon, sous-sol ou pas. Si elle envahissait mon sous-sol, alors forcément elle envahissait le sien.

Peut-être s’abstenaient-ils de se plaindre afin d’avoir le droit de faire autant de bruits si cela leur plaisait?

Une semaine après cet épisode, on avait réussi à trouver un appartement dans un duplex, dans le même quartier, mais dans un coin plus tranquille (afin de ne pas s’éloigner de la garderie). Deux semaines plus tard, la nouvelle locataire visitait notre appartement. Nous l’avons prévenue de nos voisins, mais avec modération. Je les tolérais beaucoup moins bien que mon amoureux, qui avait fini par être excédé lui aussi, mais que je soupçonne d’y avoir été pour beaucoup, à entretenir cet énervement, cette angoisse. Ça avait amplifié le problème. Mais comme il n’y avait pas que MusicTeenager et le papier de riz qui ne nous convenaient pas dans cet appartement, nous y avons vu la possibilité de se trouver mieux.

Et on y est présentement. Dans le mieux. Sans voisins irrespectueux, sans pieds au plafond. L’ancien appartement était plus grand, mais il n’était pas confortable. Et comme il n’était pas confortable, nous n’utilisions pas toutes les pièces. Donc, par conséquent, l’ancien appartement s’avérait plus petit et toujours aussi inconfortable.

J’étais certaine depuis plusieurs semaines que je me verrais dormir dans le salon à Noël et au Jour de l’An, puisque je me doutais qu’ils allaient faire la fête. Ce qu’ils firent. Je dormis dans le salon afin de m’éloigner du mur gauche et entendis sa musique jusqu’à trois heures et quart du matin avant de finalement m’assoupir.

Jusqu’au déménagement, soit le 07 janvier, l’étudiant au secondaire était en congé, il s’est donc efforcé chaque jour de me rappeler pourquoi un déménagement en plein mois de janvier s’avérait indispensable. Le jour du déménagement, dès dix heures du matin, il a mis sa musique plein volume pour nous donner un beat de départ. Même le mardi suivant, quand on est revenu chercher quelques bricoles, on entendait sa musique en coopération avec la musique de mon ex-voisin de plafond, qui devait jubiler de notre déménagement si je compare au volume de la musique de cette journée-là.

Cette épopée fut longue autant à vivre qu’à écrire. Mais ça soulage beaucoup. À partir de maintenant, j’aurai beaucoup plus conscience de mon impact sur mes voisins et m’efforcerai d’être la plus discrète possible.

Je sais que discrétion et moi, pour certaines situations, c’est un agencement impossible. Mais chose certaine, plus jamais je n’écouterai la musique à plein volume ailleurs que dans mes écouteurs.

Plus jamais

 
Leave a comment

Publié par le 18 janvier 2012 dans Histoire vécue

 

Les diables de Loudun

La première (et unique) fois où j’en ai entendu parler, c’est dans le livre L’exorciste, de William Peter Blatty (oui, c’est l’inspiration du film qui est, d’ailleurs, assez fidèle). Un des prêtres donnait un exemple de foi sacrilège en donnant ce livre comme référence, livre écrit par Aldous Huxley.

C’est surtout l’auteur qui m’a fait m’y intéresser. Aldous Huxley est l’auteur de Le meilleur des mondes , qui est sur un pied d’égalité avec 1984, de George Orwell, mis à part le fait qu’Huxley était un brin moins déprimant dans son monde totalitaire. Si vous ne l’avez pas lu ce roman, mais que vous avez aimé 1984, essayez de le trouver. Si vous n’avez lu ni l’un ni l’autre, il est temps de vous y mettre.

Les diables de Loudun n’est pas une histoire imaginaire. Ce n’est pas vraiment un roman. C’est plutôt la biographie d’une histoire et son analyse d’un point de vue d’un homme qui a vu neiger depuis, puisque l’histoire de la possession des soeurs du couvent des Ursulines de Loudun date de 1634 et que Aldoux Huxley a publié ce roman en 1951.

Urbain Grandier est le jeune prêtre qui dirige l’Église de cette ville de France. Grandier est prêtre, mais il est surtout jeune et frivole. Incapable de résister à la séduction féminine parmi ses fidèles, il s’attire peu à peu les foudres des habitants, principalement le père d’une jeune femme que Grandier avait déshonorée et mise enceinte.

Ralliés aux autres ennemis de Grandier qui, de son côté, possède des amitiés puissantes parmi la hiérarchie royale et religieuse, ils mirent toutes leurs forces et ce, pendant plus de deux ans, pour trouver le moyen de le faire tomber de son pouvoir (parce qu’on sait à quel point l’Église était puissante et omniprésente dans toutes les sphères personnelles, publiques et sociétaires à cette époque).

Après de nombreux échecs, c’est l’orgueil d’une religieuse qui va leur donner l’opportunité tant recherchée. Soeur Jeanne, qui dirige quant à elle le couvent des Ursulines, devient folle de rage après que Grandier ait décliné son invitation à venir la rencontrer (parce qu’elle désirait assouvir de nombreux désirs pour lui). S’alliant avec les ennemis de Grandier, contactant les hautes instances religieuses, entrainant derrière elle les seize autres religieuses du couvent, Soeur Jeanne accuse Urbain Grandier d’avoir ensorcelés les dix-sept soeurs du couvent.

Une bonne majorité d’entre elles ont subi de l’auto-suggestion de la part des prêtres fanatiques s’étant déplacés jusqu’à Loudun pour prendre la cause en main. On sait à quel point il est possible de faire faire ce que l’on veut à une personne influençable et/ou soumise. Elles finirent toutes par se croire réellement possédées. Les ennemis de Grandier, et parmi eux le religieux principal aux commandes des exorcistes des religieuses, mettent tout en oeuvre pour le faire condamner.

Il paraissait, à l’époque, que les sorcières avaient plusieurs mamelons en surnombre. Tous les gens ayant plus de deux mamelons (et selon les statistiques de l’époque, 9% de la population possédait des mamelons en surnombre) pouvaient être facilement soupçonnés. Ils firent déshabillés Grandier, mais ne trouva rien. Puis, un des prêtres déclara qu’il avait aussi entendu parler de zones sur le corps où le sorcier ne pouvait sentir la douleur. Ils firent exorciser Soeur Jeanne, qui déclara cinq zones sur le corps du jeune prêtre.

Le médecin qui s’occupa de procéder aux tests était un vieil ennemi de Grandier. Il effectua une vingtaine de piqures extrêmement douloureuses à Grandier (dont les hurlements au fond de sa cellule, qui se trouvait emmurée au grenier de Laubardemont, avaient attiré une foule de curieux dans la rue). Puis, ensuite, il retournait la sonde et appuyait sur la peau avec l’autre extrémité, en mousse.

Je suis rendu là. Environ à la moitié du récit.

Ce qui est difficile, c’est de se mettre en contexte. De se dire qu’à l’époque, la sorcellerie et la magie faisaient partie de la réalité. De la société. Il y avait des lois concernant l’interdiction de la sorcellerie. Autant aujourd’hui on trouverait ce genre de procès ridicule, autant à l’époque, cela devait être impressionnant et effrayant.

Ils avaient recours à toutes sortes de procédés. Dans ce qui m’a le plus choqué, c’est quand j’ai lu que de ne pas croire au diable est sacrilège, qu’il était donc sacrilège pour quiconque contestait la véracité de la possession. S’ils ne croyaient pas à la possession, ils ne croyaient pas au diable. S’ils ne croyaient pas au diable, ils ne croyaient pas en Dieu. C’était des damnés.

Le pouvoir de l’église me choque. Alors que des « pro-Grandier » avait réussi à émettre un décret qui confirme qu’il n’y a pas de possession, Richelieu, alors ennemi juré de celui-ci, se rend directement chez le Roi en expliquant, qu’au contraire, les diables contre-attaquaient et qu’il fallait mettre tout en oeuvre pour les détruire. Convaincu, le roi fait annuler le décret, donne tout pouvoir à Richelieu pour aller de l’avant et interdit aux parties de porter plainte devant les juges, « sous peine d’une amende de cinq cent livres ».

Une loi qui interdit de s’exprimer avec justice. Encore et encore.

C’est un livre très intéressant jusqu’à présent et je sais que je ne suis pas encore arrivée à l’intensité.

Il y a un paragraphe magnifique dans ce livre. C’est une des citations les plus ressenties que j’aurai retranscrites ici.

« Depuis environ 1700 jusqu’à nos jours, toutes les persécutions, dans l’Occident, ont été séculières, et, pourrait-on dire, humanistes. Pour nous, le mal radical a cessé d’être métaphysique, et est devenu politique ou économique. Et ce mal radical s’incarne à présent, non pas sous la forme de sorciers et de magiciens (car nous aimons à nous croire positivistes), mais sous celle des représentants de quelque classe ou nation détestée. Les ressorts de l’action et les rationalisations ont subi un certain changement; mais les haines motivées et les férocités justifiées ne sont que trop familières. »

Sinon, un dernier mot sur l’évolution de la langue française. Il y a plusieurs mois maintenant, la moitié de mon entourage (et une bonne partie de moi-même) a été scandalisée en apprenant que le mot oignon pouvait maintenant s’écrire ognon et que iglou était aussi accepté. Pour faciliter l’écriture. Je ne sais pas si c’est ainsi qu’ils vont l’enseigner dorénavant dans les écoles, mais je suis certaine que d’ici quelques décennies, plus personne n’écrira oignon (pourtant, je prononce le « g », moi… pourquoi serait-il inutile?).

Mais je ne peux pas critiquer cela, parce qu’il en a toujours été ainsi. Dans Les diables de Loudun, dont l’original est en anglais puisque son auteur est britannique, celui-ci a quand même inclut plusieurs citations en français, directement tirées de ses livres de référence pour la reconstitution de l’histoire. Je vous en donne un exemple parmi tant d’autres:

« Les sorcières de mon voisinage courent fortune de leur vie, sur l’advis de chasque nouvel autheur qui vient de donner corps à leurs songes. Pour accommoder les exemples que la divine parolle nous donne de telles choses, très-certains et irréfragables exemples, et les attacher à nos événements modernes, puisque nous n’en voyons ni les causes ni les moyens, il y faut autre engin que le nostre : il appartient, à l’avanture, à ce seul très-puissant tesmoignage, de nous dire: « Cettuy-ci en est, et celle-là, mais non cet autre. »

Les es semblent avoir été remplacés par les é, qui semblent avoir été créés par la suite. On arrive bien à lire, mais peut-être simplement parce que l’on reconnait les mots.

Avec le nombre de mots modifiés, je me dis qu’il y a dû avoir beaucoup de scandalisés au cours des siècles.

 
Leave a comment

Publié par le 20 octobre 2011 dans Critique de romans

 

Perdue sans post-it

Hier soir, en fermant la lumière du salon avant d’aller dormir, je me souviens très clairement avoir eu une excellente réflexion à développer ici.

Si seulement je pouvais me souvenir de ce que c’était.

J’ai régulièrement des pensées, des réflexions, des idées pour ce blog, des choses que je souhaite développer en les écrivant (parce que j’ai parfois l’impression de ne réussir à analyser qu’en écrivant). Évidemment, j’ai toujours ces flashs quand je suis dans mon lit, dans l’autobus, au boulot, dans un moment où je ne peux ni post-iter l’idée, ni, encore mieux, attraper mon portable et mes écouteurs et créer.

Là, ce soir, je suis seule, j’ai envie d’écrire, j’ai le temps… et je suis là, devant mon écran, et je trouve rien à écrire. Je cherche et je cherche et c’est le vide, c’est bête. À croire que je n’ai plus aucune autonomie sans post-it.

Les post-it, c’est le mal.

Ces temps-ci, je passe la plupart de mon temps libre sur Au Nord des Montagnes. J’essaie d’augmenter la vitesse d’écriture parce que la pression pour le lire devient forte. Les lectures critiques ont commencé aussi. Je fais rarement cela, mais deux personnes ont commencé à le lire malgré le fait qu’il y ait des trous partout.

(je vais vous offrir la liste que m’offre le random de mon Blackberry au cours de l’écriture, tiens.)

[Take a bow - Muse]

Au début de ma vie d’écriture, je créais du drame sentimental. Des histoires d’amour, mais aussi des épreuves difficiles. La règle instaurée depuis le tout premier manuscrit est toujours en règle: une seule mort par histoire. Un seul personnage – principal ou secondaire – qui perd la vie pour bouleverser celle des autres (je me demande maintenant avec ANDM si je ne vais pas devoir briser justement cette règle – la seule que j’aie d’ailleurs, je manque de discipline pour en supporter plus qu’une à la fois).

Au tournant de la vingtaine, j’ai dérivé dans le drame psychologique. J’ai réussi – enfin j’espère – à délaisser l’histoire d’amour de Coincidence au profit du deuil de Mariepier (au bout de la quatrième version, mais bon).

Parce que je n’ai plus besoin de déverser toutes mes émotions dans mes histoires, j’ai l’impression de pouvoir passer à l’étape suivante.

[Opening - Philip Glass]

Quelque chose qui m’a surprise également, c’est de réaliser que, pour la première fois de ma vie, j’écrivais une histoire pour qu’elle soit lue. Quand j’écris ANDM, je pense beaucoup à vous. Cela parait uniquement dans l’effort que je mets dans la structure du manuscrit. Dans les chapitres attitrées. Les chapitres légués. La différence d’écriture selon le chapitre. L’importance de l’écriture de la dérape…

Je n’en dis pas plus. Je « brefise ».

Bref.

Il avance, mais pas assez vite. J’ai néanmoins l’utopie de croire qu’il sera terminé cet hiver.

[All the love in the world - NIN]

[Carry on... screaming - London After Midnight]

Bah oui, j’ai eu une panne d’idée qui a duré plusieurs minutes. Ça m’énerve de ne pas me souvenir de mon idée d’hier soir.

[Firth to firth - Genesis]

Et une distraction. Sinon aujourd’hui, en allant chercher mon fils avec la poussette (qui était vide à l’aller avec le but de la remplir pour le retour), je me suis surprise à m’imaginer que quelqu’un me regarde, regarde la poussette vide, s’arrête puis me dise: « Madame, votre poussette est vide, auriez-vous oublié votre bébé? ».

J’espère que ça ne m’arrivera jamais, parce qu’alors, je serai obligée de dire: « Quoi?! Oh mon dieu! Vous avez raison! Je retourne le chercher! » et de repartir en courant dans le sens inverse.

Avec une question aussi absurde, je ne vois que ça à répondre,

Vous allez me dire « Oui, mais on sait jamais ».

En effet. On sait jamais.

[Pieces from de whole - Trent Reznor SDT Social Network]

C’est vraiment un des articles les moins productifs que j’aie écris. Mais j’avais ce besoin. J’ai fréquemment besoin d’écrire. De m’enfermer au centre de la musique, du clavier et des mots. Quand je ne sens pas d’inspiration assez romancée ou intense pour le manuscrit, alors je me réfugie ici.

Il y a une leçon à retenir de tout ça.

Acheter plus de post-it.

 
1 Comment

Publié par le 11 octobre 2011 dans Diversité

 

L’influence des lectures

J’ai enfin mis ma liste de lecture à jour, ce qui m’a motivé à écrire cet article. Ça faisait quelques semaines que j’y pensais, mais récemment, ayant décidé de revêtir mon bandeau de ninja pour combattre le reste du monde par moi-même et non par des relaxants pour cerveaux, j’ai dû faire face à plusieurs tempêtes intérieures – qui se déchaînent toujours en ce moment, mais je reste extrêmement positive que je passerai au travers.

Maintenant, pour me changer les idées, j’ai envie de discuter de l’influence de mes dernières lectures.

En calculant tous les romans lus dans les deux dernières années (en tant que compulsive, on peut facilement en compter une quarantaine), au moins la moitié fait référence à des cas vécus de survivants à des conditions extrêmes. Plus de trois quarts de ceux-ci sont des témoignages de prisonniers de guerre, de prisonniers politiques (tel que Magadan sous le régime soviétique).

Tous ont vécu la faim. La vraie. Comme disait Primo Levi, il ne suffit pas de quelques jours de famine pour la connaitre, mais plusieurs mois. Un jeûne de vingt-quatre ne nous fera jamais comprendre ce qu’est réellement avoir faim.

Ce n’est pas la première fois que j’en parle, je l’ai fait dans les articles La faim et La relativité de la valeur nutritive. Ça m’a marquée. Dans tous les témoignages de gens enfermés dans des ghettos, des camps de concentration, des camps de travaux forcés, à mourir sous les quarante degrés du soleil l’été à travailler sans relâche pendant plus de seize heures, à mourir de froid sous la tempête hivernal à pelleter de la neige muni d’un pantalon et d’un chandail de coton usés et troués, à voir leurs proches mourir sous leurs yeux, à voir leurs enfants disparaitre derrière le bâtiment abritant la cheminée du camp, à se retrouver privée de toute forme de liberté, de tout ce que contenait leur vie et leur âme… c’est toujours la faim qui domine. Elle les torture sans cesse, sans possibilité d’apaisement.

Ça m’a fait prendre conscience de l’absurdité de la vie sous sa forme biologique, alors que tout être vivant consacre sa vie à réussir à se nourrir… pour pouvoir vivre.

C’est le cercle d’existence.

Bref.

Là où je voulais en venir, c’est que ça a influencé ma façon de me nourrir.

Tout d’abord, la faim au quotidien. Ça m’a intriguée. Qu’est-ce que ça représente? À quel point cela prend de l’importance au fil du temps?
Je n’ai jamais été du type déjeuner. À moins que ce soit sous forme de café. Au boulot, comme j’ai un travail physique, je fonctionne sur l’adrénaline. J’ai toujours carburé comme ça. À l’adrénaline et au café. Ce sont mes outils de travail.Ça n’a donc pas été difficile de manger peu durant la journée, néanmoins, il y a toujours le traditionnel bagel au fromage à la crème à l’heure du diner. De plus, comme je suis incapable de m’arrêter quand je travaille, je dépense énormément d’énergie.

Arrivé au soir, mon estomac hurle son désaccord. Je lui cède, mais par petite portion. Avant, elles étaient énormes. Exagérées. Typiquement nord-américaines. Inadmissible pour quelqu’un qui se veut conscientisé au désastre de l’humanité. Ais-je besoin de remplir l’assiette? Ne serais-je pas satisfaite avec le sixième de la portion?

Non. Effectivement, je ne le fus pas.

Il faut un minimum, quand même. Il faut un peu de tout, mais en plus modéré.

En ce qui concerne la faim, elle me plait. Elle me fait sentir plus vivante. Je sais que ça peut paraitre idiot, c’est ainsi. Mais je sais aussi que ça n’a rien à voir. J’ai faim, mais mon frigo est rempli. J’ai faim, mais je travaille dans une cuisine, où la nourriture est abondante et accessible partout où je pose les yeux. Ça n’a rien à voir avec ce qu’eux peuvent avoir vécu.

Sinon, ce qui m’a fasciné dans ces nouvelles portions, c’est que je les ai immédiatement vues plus grosses qu’auparavant. Encore la relativité de la valeur nutritive.

Pour quelqu’un qui est nourrit depuis des années à la soupe claire et au pain rassis (et parfois, avec un peu de chance, aux pommes de terres pourries), cette petite assiette de pâtes était un véritable festin. Ce quart de portion de poulet farci était une pure gourmandise.

Pour un nord-américain, c’était un repas pour quelqu’un au régime.

Pour moi, qui a un garde-manger plein, c’était une petite portion… mais une portion nouvellement appréciée.

J’apprécie de pouvoir aller au marché et retrouver n’importe quel aliment voulu. Pouvoir m’offrir des pommes de terre, du fromage, de la viande, etc. Dans beaucoup d’endroits dans ce monde, au moment où je tape ces lignes, des gens seraient prêts à bien des choses pour avoir accès à cette nourriture.

Parce que c’est leur principale moyen de survie. Avant le confort, la sécurité, avant la liberté… il y a la faim.

Alors que moi qui n’est pas en situation de survie, je néglige la faim et privilégie la sécurité, le confort et la liberté.

Être nord-américaine, ça n’a pas de sens.

 
1 Comment

Publié par le 7 septembre 2011 dans Réflexion

 

L’intensité de la stupéfaction

Comme je travaille dans un Cégep, le boulot a repris officiellement aujourd’hui, avec la rentrée des cours. Mon projet d’édition a été plutôt tranquille cet été. J’ai écris, mais j’ai peu vendu (une dizaine d’exemplaires, ce qui est néanmoins dix fois excellent) et, de plus, le projet est sur la glace en attendant le travail de la nouvelle graphiste, afin d’envoyer les exemplaires à la FNAC de Fribourg et poursuivre la diffusion au Québec.

Car il va de soi qu’il n’y a que la nouvelle couverture que je désire propager sous ma plume.

Cet été, une collègue a prêté son exemplaire à sa mère, qui fait aussi partie de l’équipe. Je lui ai également donné l’exemplaire test de Coincidence. Sa fille m’avait glissée quelques commentaires, mais j’ai attendu de voir sa mère en personne avant de les confirmer.

Si vous aviez entendu les mots qu’elle a employés. Et la façon dont elle les a dits. Au-delà de l’appréciation et peut-être même de l’admiration, il y avait la stupéfaction.

C’est sa stupéfaction qui m’a donnée la chaire de poule. C’est l’intensité de ce sentiment, qu’elle semble avoir ressenti tout au long de sa lecture, qui me rend extrêmement fière d’avoir foncé, d’avoir finalement affiché mes couleurs. D’avoir osé dire que j’écrivais, des histoires, des romans, du drame, de l’intensité, depuis plus de quinze ans.

Que cette écriture m’a toujours possédée. Que tous ces personnages ont toujours fait partie de ma vie. Que j’ai toujours eu besoin de les créer. À l’adolescence, c’était par besoin d’extériorisation. Au début de la vingtaine, c’était pour m’évader de ce cauchemar sentimental que je créais autour de moi.

Maintenant, c’est par addiction totale à cette intensité que l’écriture fait naitre en moi.

Et je crois que mon but en vous offrant mes histoires, c’est de vous transmettre cette intensité.

Je répète souvent que ELLE, tout comme Coincidence, devraient être lus dans leur entier avec les pièces musicales les plus intenses que vous aimiez. Parce que c’est ainsi que ces romans ont été écrits: par les chansons que j’entendais qui me faisaient chavirer le coeur.

Chaque fois que j’entends une nouvelle chanson, et que celle-ci m’apporte dans une rêverie spontanée et passionnée, elle me donne automatiquement envie d’écrire (la musique, jamais les paroles). Et peu de temps après, je me retrouve devant mon ordinateur, les écouteurs enfoncés dans les oreilles. Je cogite l’idée de publier à la fin du prochain roman une liste des chansons utilisées pour sa création.

Même ici. Je n’écris pas un seul article sans écouter une chanson. Tenez, en ce moment, c’est Envy – Don’t let go.

Je m’égare profondément du sujet initial. J’y vais donc de mon classique pour y revenir.

Bref.

Entendre ma collègue dicter ces commentaires, après l’histoire de cet été, m’a fait un bien fou. Ce n’était pas la première fois que je voyais cette stupéfaction, mais je ne l’ai pas vu très souvent. Elle veut surtout dire « j’aurais jamais cru ». J’aurais jamais cru que toi, tu écrirais.
En fait, on me l’a dit deux fois aujourd’hui. On me voit bouquiner toutes sortes de romans différents aussitôt que j’ai quinze minutes de libre, on soupire en me voyant corriger toutes les fautes qui croisent mon chemin, on me sait passionnée de l’étymologie de la langue française, mais on ne pense pas une seule seconde à la possibilité que je puisse écrire, ne serait-ce que de griffonner. On en reste même stupéfait.

Je me demande ce que dégage ma morphologie pour ne pas me voir comme une littéraire, alors qu’un roman, n’importe lequel, existe dans ma vie pour être le prolongement de mon bras aussitôt qu’il est inoccupé.

Évidemment pas au sens professionnel. Ce qui est bien dans la vie, c’est que votre existence n’a pas besoin de reconnaissance de gens qui ont réussit pour vous confirmer que vous avez réussi. Si vous l’avez fait, vous l’avez fait. Il suffit qu’il y ait une seule personne satisfaite de votre travail pour vous confirmer qu’il est bien.

Et cette personne, la plupart du temps, c’est vous-même.

 
3 Comments

Publié par le 22 août 2011 dans Diversité

 

La jalousie féminine

On a à y faire face très souvent dans une vie. Au début, c’est à dire vers l’adolescence, c’est déconcertant. On prend par erreur cette jalousie pour de la méchanceté gratuite de la part de l’autre, parce la méchanceté semble souvent l’évolution naturelle de la jalousie. Je ne parle pas de la jalousie par rapport à son amoureux face aux menaces féminines potentielles.

Je parle de la jalousie de femmes envers les autres femmes. Et particulièrement en amitié.

Tu veux que tes amies réussissent… mais pas mieux que  toi. Tu veux les voir heureuses… mais pas plus que toi. Tu veux qu’elles trouvent l’amour… mais pas aussi grand que le tien.

On dirait un instinct inassouvi de compétition.

C’est quelque chose que j’ai remarqué et ressenti à l’adolescence. En voyant le sourire vide d’une amie à l’annonce d’une bonne nouvelle me concernant, en voyant une amie en critiquer une autre qui refusait de vivre une peine d’amour, en voyant une amie me snober parce que je sortais avec un gars très mignon (et pourtant très con), en apprenant qu’une amie essayait de me désinviter de toutes les soirées parce qu’elle n’avait pas assez d’attention pour elle…

Moi-même, en voyant cet esprit de compétition, je me suis laissée prendre au jeu à l’adolescence, pendant quelques temps… jusqu’à ce que j’y réfléchisse d’un oeil extérieur, pour réaliser que c’était quelque chose de  de puéril.

Évidemment, j’en suis pas très fière.

Je suis pratiquement certaine que cette jalousie découle de la pression culturelle. De celle de la société nord-américaine (bien que ce soit un phénomène de masse répandu), qui entretient le culte de la perfection physique. maquillage, teinture, botox, maigreur… mais aussi popularité, vie sociale, succès et pouvoir.

En terme de physique, les femmes sont beaucoup plus enclines à cet esclavage. La mode en est un bon exemple. C’est à celle qui sera le plus à la mode, qui portera les plus belles créations, mais qui aura aussi la dernière coiffure à la mode, etc.

Tout ça entretient la névrose des femmes qui se comparent entre elles.

Encore récemment, j’ai subi la jalousie féminine, totalement enveloppée dans l’hypocrisie. Ça me surprend encore, j’ai tendance à me dire qu’on est rendu trop vieux pour ça, mais je crois que certaines personnes sont pris dans cette spirale.

On espère pour elles qu’elles s’en réchappent.

1. photo de freedigitalphotos.net

 
5 Comments

Publié par le 28 juillet 2011 dans Réflexion

 

Instinct VS intelligence

  Je l’ai déjà critiqué auparavant. Le GPS nuit au sens de l’orientation et de la débrouillardise de l’homme. L’électronique fait en sorte qu’on n’a plus besoin de retenir aucun numéro de téléphone, advenant le fait que si pour une raison Z on n’y a pas accès, on est démuni face à notre mémoire manquant de stimulus. L’accoutumance à l’air climatisé baisse la tolérance du corps humain à la chaleur.

Aujourd’hui, alors que je traine des verres fumées depuis le début de l’été chaque fois que je me pointe le nez dehors pour confronter le soleil et que, comme il était absent ce matin, je les ai retirées, j’ai eu du mal à garder les yeux ouverts tellement la clarté d’une simple couche nuageuse était insupportable. Cet état a duré une bonne demi-heure.

Plus je suis attentive, plus je réalise que l’homme perd ses capacités au profit des accessoires faisant partie de son environnement.

Et je sais pas pourquoi, mais ça m’irrite profondément.

À force de liaisons de pensées et de réflexions à propos de la technologie, de l’évolution abusive de l’homme sur la nature, un questionnement sur l’instinct m’est venu.

Par comparaison avec mon chat et mon fils (je sais, c’est bizarre) et avec une moyenne grossière, le développement des animaux s’arrête aux six mois de l’enfance, étape de reconnaissance des sons des mots. Par exemple, un chat va reconnaitre son nom si on a l’habitude de le dire avec une résonance particulière (mon félin a vite reconnu le sien à force de l’appeler « Jaaaaaaade! »).

Leur intelligence semble donc s’arrêter là.

Par contre, les animaux ont un instinct sur-développé comparé à l’humain. Ils flairent les odeurs, les variantes de températures, le danger, la proximité. Cela peut laisser croire que l’odorat, l’ouïe (et pour les animaux nocturnes, la vue) d’un animal sont des sens bien plus développés que ceux de l’humain.

En a-t-il toujours été ainsi?

L’homme perd ses repères depuis qu’il a créé une technologie capable de les surpasser. Devenu totalement dépendant de celle-ci, il y a beaucoup de choses qu’il ne fait plus par lui-même, mais met tout en oeuvre pour pour inventer quelque chose qui le fera pour lui.

La race humaine a-t-elle développé son intelligence au détriment de son instinct?

C’est comme si l’évolution et donc, une forme d’intelligence, ne pouvait cohabiter avec l’instinct dans le même être. Comme si l’intelligence prenait toute la place pour étouffer l’instinct.

Comment faire pour entretenir notre instinct et ne pas se retrouver totalement démuni face à l’apocalypse qui ravagera toutes les technologies?

Moi, extrême?

1. Photo de freedigitalphotos.net
 
6 Comments

Publié par le 25 juillet 2011 dans Réflexion

 

Tags : , , , , , , ,

Des ajustements

Plus d’un mois sans écrire ici. C’est drôle, j’ai pourtant l’impression qu’il ne s’est passé que quelques jours… ce dernier mois fut très rempli et prompt aux changements.

Tout d’abord, l’écriture de Au nord des montagnes avance très bien. La moitié a été écrit, mes notes de quatre pages me confirment que la silhouette du squelette est terminée. Je ne suis pas certaine encore de la toute dernière fin, mais je sais vers où elle va. C’est un fait exceptionnel, moi qui ai normalement l’habitude de ne trouver la fin… qu’à la fin.

Sinon, une excellente nouvelle en ce qui concerne l’avenir de ELLE: la FNAC de Fribourg, en Suisse, a accepté sa distribution. Nous commençons par un envoi de cinq exemplaire dans le magasin. Mon contact européen va aussi l’offrir à Lausanne et à Genève. Petit à petit, je vais essayer d’en envoyer dans plusieurs FNAC en France et en Belgique. Évidemment, les coûts de transports sont astronomiques.

Ce projet n’est pas une question de rentabilité,  mais de diffusion. Ça me rend très enjouée de savoir que mon roman se retrouve aux quatre coins du globe,  même si c’est à petite échelle.

Il y a aussi un très grand changement concernant les collaborateurs du projet. Depuis quelques temps, une graphiste professionnelle travaille sur tous les points graphiques des Éditions kitaiisei, nom officiel de la Maison d’éditions fraîchement enregistrée, enregistrement qui me permet de publier en toute conformité.

Pour pouvoir continuer ce projet avec sérieux, j’ai dû me dissocier de l’artiste ayant créé les couvertures de ELLE et Coincidence sous les Éditions Annie Lavoie.

Ces couvertures sont magnifiques, mais de nouvelles seront créées sous le nom de la nouvelle maison d’éditions.

Les exemplaires pour la FNAC seront ceux de la nouvelle édition.

Ils devraient partir pour l’Europe à la fin du mois de septembre, mais nous faisons toujours la distribution de l’édition présente. À ce jour, 76 exemplaires de ELLE se promènent dans vos bibliothèques, 24 sont toujours disponibles au coût de 18$ (ou 25$ avec les frais de poste).

C’est un bonheur constant de voir votre soutien et votre intérêt. À chaque copie vendue, vous me faites y croire un peu plus.

 
1 Comment

Publié par le 24 juillet 2011 dans Histoire vécue

 

Tags : , , , ,

Trois ans… ou plus… ou moins

Je me souviens, en lisant 99 Francs de Frédéric Beigbeder, je suis tombée à la renverse par la plume de l’auteur. Remplie d’une répartie bien européenne et condescendante.

J’étais prête à lire tous les autres. Par contre, j’avais des réactions assez homogènes dans mon entourage: « 99F est bon, mais c’est le seul. » «C’est un vrai connard, ne lis pas L’amour dure trois ans, c’est du grand n’importe quoi! » « Ça vaut pas la peine de les acheter, loue-les à la place ».

C’est ce que j’ai fait. J’ai loué L’amour dure trois ans… et j’ai rapidement regretté de ne pas avoir suivi mon instinct et ne pas l’avoir immédiatement acheté.

Je l’ai adoré.

C’est une plume encore plus fantastique que dans le roman précédent. Encore plus libre, plus explosive, plus disparate, plus captivante. C’est une intensité essoufflante et j’en raffole.

Mais je crois que je sais pourquoi les gens ne l’ont pas aimé. J’imagine que les romantiques l’ont détesté. Pourtant, ça a une fin bien mielleuse.

Ce sont les opinions déclarées à l’intérieur.

Il y a facilement une ou deux polémiques par page. Une opinion arrêtée, une généralité abusive, une analyse loufoque. Ne serait-ce que le titre.

Depuis quand faut-il partager les opinions pour apprécier une oeuvre?

Un roman, ce n’est pas que des citations. Il y a la façon de l’exprimer, les mots utilisés, les tournures de phrases, les concepts de mise en page… il faut également prendre en considération ceux qui jouent avec les opinions: les avocats du diables, les polémisateurs, les provocateurs, les excessifs et les manipulateurs.
Il faut aussi se dire qu’avec un roman comme ça, qui semble avoir été écrit dans des états de profondes méditations ou au contraire de légèretés insouciantes, mais toujours avec déconnexion, il est d’usage que l’auteur apporte l’écriture avant la réflexion, ce qui est à l’opposé de l’auteur commun.

L’auteur professionnel, va se lancer dans d’intenses réflexions avant d’écrire. L’auteur artiste, lui, écrit avec ses émotions, puis se relit par la suite pour réfléchir à ce qu’il vient d’écrire et en chercher le sens.

L’auteur artiste ne retouchera pas son oeuvre, sauf pour les corrections nécessaires. Parce que c’est ainsi qu’il l’a ressentie.
L’auteur professionnel n’hésitera pas à détruire et/ou modifier plusieurs parties de son travail si cela apporte le succès. J’ai du mal à appeler ça une oeuvre.

J’ai dévoré le livre en quelques heures. Je suis en désaccord avec une grande majorité des opinions de ce roman, mais plusieurs affirmations étaient selon moi très justes, peut-être avec quelques nuances.

Parce que oui, l’amour peut durer trois ans… ou plus… ou moins.

 
4 Comments

Publié par le 20 juin 2011 dans Critique de romans, Réflexion

 

Tags : , , , , , ,

Quelques marches plus hautes

Inutile de bafouer encore des excuses, je sais que vous savez pourquoi je publie peu ici: parce que les projets prennent de l’expansion et que la journée de 35hrs est un projet dont je manque de temps pour y travailler.

Néanmoins, je prends le temps de mettre à jour la liste des lectures. Pour ça, je trouve toujours le temps, je dois l’avouer. Les livres trainent un peu partout dans la maison.

J’ai quelques bonnes nouvelles à propos de cette nouveauté dans ma vie: la tangibilité de mon métier d’auteure (indépendante).

Tout d’abord, l’arrivée du site web: www.editionsannielavoie.co.cc

Il est tout petit, il est tout nu, mais il est là. On commence tout juste à le faire et il va sans cesse s’améliorer, mais tranquillement. Ça donne quand même une certaine visibilité et, surtout, un accès pour pouvoir facilement s’en procurer.

On va rajouter une section avec des extraits, une section concernant la disponibilité, un forum et/ou un endroit pour des témoignages ou des appréciations. Tout plein de petits détails qui arrivent impulsivement à  n’importe quel moment dans mon cerveau.

Ultérieurement, je vais officiellement enregistrer la Maison d’éditions, qui va changer de nom (et je ne me suis pas encore décidée sur celui-ci, mais chose certaine, je n’en peux plus de ce titre narcissique).

On a également débuté le projet des ebook. C’est plus accessible pour l’auteur indépendant que je le croyais. Par contre, comme c’est dans un tout autre genre de publication, le ISBN est différent, ce qui engendre d’autres frais administratifs et temps d’attente afin de rendre le tout légal et sécuritaire pour les droits d’auteurs. Pas que je sois paranoïaque… enfin si, un peu.

Je veux surtout tout faire dans les règles. Du moins, le plus possible. C’est comme si j’avais une malédiction avec les formalités en tout genre. Mais j’essaie très fort. Sur tous les genres.

Bref.

Sinon, la création du troisième roman avance bien. Je ne peux pas trop en parler. C’est un genre complètement différent et l’écriture est faite de façon à garder un certain suspense.

Je pourrais le classer comme un roman d’essai de suspense psychologique. Et si le titre n’existait pas, je viens tout juste de l’inventer.

Je peux quand même vous dire que le titre est « Au Nord des Montagnes », que ça se déroule à Québec et qu’il y a trois personnages principaux: Sébastien, Charlène et Samantha, dont leur importance vont en ordre décroissant. Sébastien est de loin le personnage le plus déroutant, le plus troublé psychologiquement, le plus complexe que j’aie créé de toute ma vie.

Étrangement, c’est aussi celui qui me ressemble le plus.

Il a quelque chose de particulier. Qui entraîne des conséquences particulières. Et c’est ça qui doit vous rester secret. En dehors de ça, il possède beaucoup de mes propres caractéristiques. C’est bizarre de se dire qu’un personnage qui nous effraie tant nous a été inspiré… par nous-mêmes.

Mais c’est incroyablement thérapeutique et, en effet, inspirant.

Évidemment, Sébastien est un excessif, comme  beaucoup de mes personnages. Mais bien que je sois excessive, il l’est encore plus. Et il est encore plus paumé que moi.

Ça m’a rappelé pourquoi j’ai créé Mariepier dans Coincidence quand j’avais treize ans: pour trouver une personne qui souffre beaucoup plus que moi. C’était ma façon de me défouler, de me libérer de cette liberté d’expression qu’on m’interdisait. Ma colère passait dans ma créativité. C’est pourquoi je n’ai toujours écrit que du dramatique. Je crois que je ne pourrais pas écrire autre chose.

Au Nord des Montagnes fait présentement 115 pages en format poche. Je dois être environ au quart ou au tiers de l’histoire, je ne sais pas exactement.

Tout dépendra de Sébastien.

 
Leave a comment

Publié par le 13 juin 2011 dans Diversité

 

Tags : , , ,

La diffusion d’un premier roman

Il y a longtemps que je n’ai pas écris ici, faute de temps et de concentration, débordée par les responsabilités familiales et les nouveaux projets.

Le projet discuté ci-dessous a été réalisé, et au-dessus de mes espérances.

Tout d’abord, le financement a défoncé son but atteint une semaine à peine après le début du financement de 21 jours.

Une fois l’euphorie de cette réalisation atténuée, il fallait ensuite se mettre activement au  boulot. Parce qu’il y en avait.

Il fallait faire une première correction, une première mise en page. Envoyer à une réviseure, refaire les corrections (j’avais plusieurs centaines de répétition, c’était hallucinant, je suis devenue allergique à la correction). Ensuite, refaire quelques lectures, corriger à nouveau, puis faire la mise en page finale…

Celle-là m’a arrachée plusieurs cheveux. Mon document possédé du démon m’a fait regretter mes études quasi inexistantes en traitement de texte, en informatique et en rédaction. Incapable de résoudre les mises en pages qui refusaient de s’individualiser, j’ai du abdiquer et renvoyer mon document à la même réviseure, qui en est ressortie avec quelques mèches blanches. Mais elle a réussi et au bout d’un mois jour pour jour, j’ai reçu ma première épreuve.

Ce que j’ai bien aimé, c’est de recevoir l’épreuve le jour que je m’étais fixée comme devant être la fin du projet, quand j’ai décidé de l’entreprendre. J’ai trouvé ça significatif.

Il a fallu faire quelques arrangements dans le texte et sur la couverture, où les extraits du verso n’apparaissaient pas clairement, où ceci devait être plus à gauche et cela un peu plus au centre. À travers tout cela, il fallait préparer les informations officielles, obtenir le ISBN, obtenir les droits d’auteur pour la couverture et le roman, les dimensions, le choix du format.

J’ai la chance trouver un imprimeur spécialisé dans le court tirage, ce qui m’a permis d’obtenir un prix raisonnable et accessible avec le budget que j’avais.

Tout ça m’a épuisée. Autant ce projet m’excitait au début, autant  j’en avais marre et j’avais hâte d’en finir à la fin. Je me suis rapidement rendue compte que la publication à compte d’auteure, c’est beaucoup de boulot et qu’il faut avoir un bon réseau de contact pour mener à bien ce projet.

Mais je suis prête à recommencer dès demain. Ce que je dois faire, puisqu’il faut envoyer les exemplaires grand format du premier jet de Coincidence à ceux ayant versé 50$ dans le financement de la production.

J’ai également écrit les 65 premières pages de mon nouveau roman, intitulé « Au nord des montagnes ». Il sortira cet automne ou cet hiver.

ELLE a été publié en cinquante exemplaires. Ils étaient tous vendus avant même que j’aie reçu les boites.

Mais le travail est déjà enclenché pour une deuxième édition, qui devrait passer d’ici un mois. Les exemplaires seront disponibles au coût de 18.00$ ou 25.00$ pour compter les frais postaux. Quelques changements sont à faire, en conséquence de réflexions et de réactions à la remise de la première édition.

Également, un site web concernant le roman et la Collection kitaïsei sera mis en ligne d’ici quelques semaines, afin de lui donner l’accessibilité voulue.

En ce moment, il m’est impossible d’en faire la promotion auprès des bibliothèques, librairies et autres tribunes, à cause de la pénurie qui m’affecte déjà. Mais sachez que vous pourrez d’ici deux semaines retrouver un exemplaire disponibles sur les tablettes de la bibliothèque du Collège Montmorency, à Laval.

Et en attendant, j’ai déjà une liste bien commencée de réservations pour un exemplaire de la prochaine édition, il suffit de me laisser un message si vous êtes intéressés à vous procurer une copie.

 
2 Comments

Publié par le 17 avril 2011 dans Histoire vécue

 

Tags : , , , ,

Le premier pas vers la bibliothèque

Je vous avais promis que j’y travaillerais bientôt.

Il y a plusieurs semaines, j’ai eu deux commentaires de gens disant vouloir relire ELLE, déçus que j’en aie retiré les extraits sur le web.

Je me suis dis qu’il était temps.

Pour me motiver, m’aider à m’orienter, pour la plateforme de visibilité que ce site web offre, j’ai décidé d’y aller le tout pour le tout, sur le site www.ulule.com.

Site web permettant aux auteurs de divers projets de trouver du financement pour leurs besoins, Ulule offre une variété impressionnante de demande de financement. J’ignore quels sont les critères de sélection pour accepter d’ajouter un projet à leur plateforme, mais j’ai visiblement eu de la chance, ayant vite remarqué qu’aucun projet du genre du mien ne s’y trouvait, mis à part les deux ou trois livres de photographies thématiques.

Afin de pouvoir avoir au moins une quinzaine de copies, j’ai demandé 500$, dans un délai de 20 jours.

En discutant avec un des responsables du site qui m’expliquait qu’il était toujours lucratif de proposer des contreparties en échange de dons, j’ai réalisé que, bien plus qu’un moyen de financer mon livre à compte d’auteur, cela me donnait aussi une visibilité non-négligeable de gens qui seraient également prêts et intéressés à lire cette histoire.

Pour des montants variant entre 5$ et 50$, plusieurs formats du manuscrit vous sont proposés, allant du format .pdf à l’édition de luxe autographiée, avec une version de Coincidence en bonus.

Le don minimum est de 3$ (toujours via Paypal).

Le financement se termine le 11 février 2011, heure de Paris (+6 à l’heure québécoise).

Il a commencé hier et, pour l’instant, la moitié a déjà été récoltée. C’est une magnifique départ, mais je sais que le plus difficile sera de combler le reste et j’espère pouvoir bénéficier de votre publicité pour ce projet.

Je suis très touchée de voir à quel point mon entourage me soutien. On a offert de grosses sommes à quelques reprises et je suis impressionnée et en admiration devant l’intérêt et le support des gens.

C’est mon coeur qui s’emballe. Parce que j’ai soudain cette impression qu’on me démontre un niveau de qualité.

Je n’ai pas confiance en moi, ce qui fait que j’ai toujours douté du positif que les gens me transmettaient après leur lecture.

Mais maintenant, je n’ai plus le choix d’y croire.

Et la seule chose que j’aie à faire de ça, c’est d’en grandir et de m’affirmer un peu plus comme auteur. Votre appui est comme un carburant. Je suis prête à démarrer à 100 à heure… sans oublier de boucler ma ceinture.

 

LIEN DU PROJET

http://fr.ulule.com/elle/

 

FACEBOOK

http://www.facebook.com/pages/Pour-le-financement-de-ELLE/176553932381131?v=info

 
Leave a comment

Publié par le 22 janvier 2011 dans Diversité

 

Tags : , , , , ,

Tolstoï

Je m’étais promis d’attendre au moins la fin des deux tomes de Guerre et Paix avant d’en parler, promesse tenue.

Ses sujets et sa plume sont si intéressants que j’ai commencé en même temps la lecture d’Anna Karénine, du même auteur. Il y a deux semaines, j’ai acheté Résurrection qui, cela va de soi, est toujours de Tolstoï (d’ailleurs, ce serait à cause de ce manuscrit qu’il aurait été ex-communié), mais je m’oblige à ne pas commencer ce dernier roman avant d’en finir quelques autres, pour éviter l’overdose du style, du sujet et de la plume, jugeant que j’ai été déjà assez excessive comme ça.

Il est difficile de parler de Tolstoï, tout comme je trouve délicat de parler de la plume d’Alexandre Dumas (mon préféré), parce que ce sont des classiques, dans les hautes sphères et que je n’ai pas les outils pour m’affirmer critique littéraire sur le web. Je me contenterai de parler de mes impressions.

J’ai rapidement accroché au tout début du premier tome de Guerre et Paix, parce que l’époque, le monde aristocratique, tout ça me faisait beaucoup penser au Comte de Monte-Cristo, qui se passe pratiquement à la même époque. Comme le français semblait posséder une grande importance en Russie dans ce temps-là (avant 1812 en tout cas), on y retrouve beaucoup de noms français, ce qui m’a souvent mélangée, devant me répéter que je lisais un auteur Russe et non Français. Ça s’est vite replacé en arrivant aux premiers extraits faisant référence à la guerre.

Alors là, on tombe rapidement dans l’amertume.

Ce que j’aime de Tolstoï, c’est sa grande humanité, son besoin d’équité, que ce soit au niveau des richesses, des gens ou du respect pour ce qui remplit l’environnement.

Ce que j’ai le plus préféré, c’est son dégoût des classes sociales et de leurs conventions

Dans Guerre et Paix tout comme dans Anna Karénine, il est omniprésent. D’après moi, cet homme vivait mal en société. J’ignore s’il était communiste, mais comme il a essayé de server de son plein gré ses paysans (avant la loi), je me dis qu’il devait prôner une forme politique qui s’en rapprochait.

Le lire m’a encore plus déprimée du genre humain, de son besoin d’ascension non au niveau spirituel, porté sur le bien-être de soi et des autres, mais sur le besoin matériel. On se dit que si on est à l’abri matériellement, le reste viendra tout seul.

Ça m’énerve d’être nord-américaine.

Ça m’énerve d’avoir été élevée (et d’élever mon fils) dans une société matérialiste et capitaliste, qui insiste auprès des gens sur le fait qu’il n’y a qu’en réussissant financièrement qu’on « réussi dans la vie ». Il me semble qu’ainsi, on passe à côté de quelque chose.

Comme si tout ça n’était pas naturel.

Enfin.

Sinon, autre chose que j’ai remarqué de cet auteur, c’est qu’il affectionne des personnalités qui se retrouvent dans plusieurs récits.

C’est le fait d’avoir lu les deux romans en même temps qui me l’a fait remarquer. Pour ceux qui les auront lu, sauront de quoi je parle quand j’affirme que Pierre Bézoukhov et Constantin Levine sont pratiquement identiques, à quelques nuances près. Il paraitrait d’ailleurs que ces personnages seraient le portrait ressemblant de l’auteur lui-même, ce que je n’ai aucun mal à imaginer.

Dans les deux histoires, ce personnage est amoureux de la jolie et joviale jeune fille de son entourage, alors que le coeur de celle-ci est porté vers un autre, avant de revenir vers lui. Natacha Rostov et Kitty Stcherbatskï sont si comparables que je confondais parfois les deux histoires, donnant à l’une l’histoire d’amour de l’autre.

C’est un auteur que j’ai adoré, mais comme il s’agit de briques, je ne le recommande pas à tout le monde. Tout dépend de votre genre de lecture. Pour un auteur du 19e siècle, j’ai retrouvé à travers les lignes un humour subtil et un sarcasme évident, chose que je n’ai jamais lu chez Dumas, lui qui avait une écriture linéaire.

Il y a tellement d’extraits ou de moments dont je voudrais parler qu’il m’est impossible de n’en choisir qu’un seul ou deux pour indiquer ce qui m’a le plus plu.

 
Leave a comment

Publié par le 6 décembre 2010 dans Critique de romans

 

Tags : , , , , ,

Persepolis, la bande dessinée

Il y a des choses de pays étrangers qui nous passionnent et qu’on sait difficile à trouver. Quand je me passionne, par exemple, pour un manga particulier, j’essaie, la plupart du temps sans succès, de trouver les animes et autres dérivés (tel que le roman de Video Girl, totalement introuvable en français, mais je le prendrais également en japonais, ce qui ne semble pas plus facile à obtenir).

Ça fait bientôt deux ans que je voulais les quatre tomes de la bande dessinée dont provient le film du même titre, Persepolis, dont j’ai déjà parlé ici.

Ma famille m’a trouvée l’édition complète pour mon anniversaire.

Je ne pourrais pas vous indiquer le nombre de pages, elles ne sont pas numérotées, mais c’est une bonne brique. Il semble que ce soit une édition de collectionneur. J’ai été ravi de voir que les dessins étaient parfaitement fidèles. Malgré une main plus amateur au début, les personnages ont gardé tous leurs traits bien caractéristiques dans le film et c’est p

lus qu’agréable de voir ce coup de crayon en vignettes.

Ce qui me plait là-dedans, c’est la simplicité de l’image. Du noir, du blanc, un trait grossier, mais pourtant personnalisé pour chaque personnage.

Ce que j’adore également, c’est que je peux me plaire à croire que c’est presque entièrement biographique. J’adore les autobiographies, surtout par des yeux qui ont vu et vécu des drames historiques, que ce soit politique, religieux, épidémique ou autre moment important pour une nation particulière dans l’histoire de l’humanité.

C’est le cas avec Persepolis, c’est ce qui rend, selon moi, l’histoire aussi captivante.

 
Leave a comment

Publié par le 7 novembre 2010 dans Critique de romans

 

Tags : , , , , , ,

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.